Selon l'ONU, la durée de séjour moyenne dans un camp est passée de 12 années en 2013 à aujourd’hui de 17 années en 2016. Aujourd'hui, selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) c'est plus de 17 millions de personnes présentes sur ces «territoires» que sont les camps de réfugiés dans le monde.

Au Kenya, non loin de la frontière avec la Somalie, le site de Dadaab, créé il y a vingt-cinq ans, accueille 350 000 personnes, c’est le plus vaste du monde. Les populations qui y vivent, sont souvent des «bénéficiaires», privés le plus souvent des droits fondamentaux au travail, à la libre circulation, à la lecture, à la culture et à l'information. Pour Michel Agier, ethnologue, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) « Le camp est un univers parallèle qui vous rend invisible au reste de l’humanité ». On y naît, on y grandit, on y meurt.

Si les camps de réfugiés ont tous pour but d'assurer les besoins fondamentaux des victimes de guerres ou de catastrophes (nourriture, hygiène ; sécurité contre des agresseurs ou contre l'environnement), il existe une constante cependant dans la majorité des camps de réfugiés : en dehors des solutions (tentes le plus souvent), des locaux administratids, techniques, ou encore de soins, il n'existe quasiment jamais de lieux culturels fédérateurs, ouverts, au service de tous comme pourrait l'être un batiment-bibliothèques. C'est pourquoi, BiblioSud, travaille avec un groupe interdisciplinaires sur un projet de batiments-bibliothèques, concus à partir de containers (standarisés et faciles à transporter), intégrant en son sein toutes les fonctionnalités d'une bibliothèque moderne (livres, revues, mulimédia, ressources numériques hors connexion, espace de travail et de rencontres, ...) mais pouvant aussi, selon son implantation crééer une place publique, une agora citoyenne, lieux de contes, de spectacles, de rencontres-débats, projections cinéma, ...

Pour aller beaucoup plus loin que la simple mise en place de solutions de type Library-Boxx  se propose de travailler, par la formation sur site, à une appropriation et une gestion locale de ces lieux de vie et de culture : de l'avis de tous les observateurs, lorsque le séjour se prolonge, il importe de retrouver une structure sociale et de préparer le retour à la « vie normale». Pour se faire, il est de ce fait important d'associer les réfugiés à la gestion du camp (distribution de nourriture, prévention des problèmes), de mettre en place des écoles, des loisirs, et des bibliothèques etc.


Sur site, pour le fonctionnement de la Library-Boxx, des modules de formations théoriques et pratique, en tutorats, sont preparés, en plusieurs langues par des bibliothècaires ou experts des Nords et des Suds, à destination des futures personnels locales, bénévoles ou indemnisées, de ces structures.


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